Mohcine Belabbas : «La fermeture de la frontière entre l’Algérie et le Maroc est une inconséquence »

Le président du RCD, Mohcine Belabbas, regrette à nouveau la fermeture des frontières algéro-marocaines. « Malheureusement, plus d’un demi-siècle après les indépendances nos Etats se tournent le dos quand ils ne cultivent pas les animosités et n’amplifient pas les divergences. La fermeture de la frontière entre l’Algérie et le Maroc est une inconséquence qui ne peut être expliquée par aucun argument rationnel », lance-t-il à l’occasion de la première conférence de l’instance maghrébine de débat, organisée à Tunis par le parti tunisien, Machrou3 Tounes.

Cette conférence a été organisée sous le thème « les défis du développement et du progrès en Afrique du Nord ». Il a été l’occasion pour le leader du RCD d’exposer devant ses partenaires, chefs des partis tunisiens, marocains et libyens, la vision régionale du parti. « Pour nous l’UMA que le fondateur de notre parti, Saïd Sadi a qualifié, à juste titre, de syndicat de chefs d’Etats, ne peut conduire nos peuples sur la voie du progrès, du développement et de la solidarité », souligne-t-il.

Aujourd’hui, dit-il, « nous voulons, nous pouvons et nous devons mettre en place un ou des cadres pour porter l’aspiration de nos peuples à se rassembler ». « C’est d’autant plus vital dans une conjoncture régionale et internationale qui risque de nous soumettre à la régression voire projeter notre région dans la barbarie », explique Mohcine Belabbas.

Selon lui, « le chemin peut être long ». « Mais nous devons lancer le débat sur cette perspective et l’élargir aux autres forces politiques, sociales et citoyennes inscrivant leur approche dans la tolérance et le progrès », dit-il, en se disant convaincu de la possibilité de populariser cette initiative.

« Elle sera vite portée par de larges couches de nos populations. Il nous appartient à nous, partis progressistes, d’affirmer notre capacité à engager les débats et les actions nécessaires à une intégration nord-africaine démocratique. Il y a lieu donc réfléchir au type de cadre à mettre en place pour bousculer le statu quo de l’ordre établi », indique-t-il.

Dans la foulée, le premier responsable du RCD suggère la rédaction « d’une charte très souple qui peut permettre l’adhésion du plus grand nombre avec, dans un premier temps, des niveaux d’implication qui peuvent évoluer selon les situations des partis ».

Ce document, dit-il, devra définir les convergences structurantes pour une meilleure coopération entre nos Etats en vue d’un rayonnement nord-africain. Il devra aussi porté sur les perspectives et les objectifs intermédiaires à atteindre (solidarités démocratiques, prises de positions communes sur des événements importants, manifestations communes…), les engagements et les instruments ou modalités (tenue régulière du Forum, échanges entre nos jeunes, conférences thématiques sur l’économie, la sécurité.

Massinissa Ikhlef

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