Un juif et des femmes non-voilées conduisent ses listes : Ennahda tunisien opte-t-il pour la laïcité ?

Contrairement à ses alliés représentant la mouvance des "frères musulmans" en Algérie et au Maroc qui ont même caché les visages de leurs candidates femmes, Ennahda présente des blondes à la tête de plusieurs de ses listes.   

Le parti islamiste tunisien, Ennahda, fait trop parler de lui ces derniers jours. Mais pas en raison de ses positions radicales. La formation présidée par Rached Ghannouchi a défrayé la chronique par ses choix des candidats aux prochaines élections locales dans le pays.

En effet, contre toute attente, Ennahda multiplie les surprises en prévision des municipales. La première concerne la présentation de la candidature d’un citoyen tunisien de confession juive, en l’occurrence Simon Slama. Une première dans le Maghreb.

Simon Slama conduit donc la liste du parti islamiste dans la circonscription de Monastir. Gérant d’une petite boutique de réparation de machines à coudre, l’homme affirme que les militants d’Ennahda qui sont « venus le voir en lui ouvrant grands les bras ».

Pour expliquer ce geste, Ennahda « se présente comme un parti ouvert à tous les Tunisiens et dont la bataille n’est pas religieuse ou idéologique mais c’est une bataille pour le bénéfice de tous les Tunisiens ».

Malgré la polémique suscitée dans le pays, le parti n’a pas retiré cette candidature. La deuxième surprise d’Ennahda concerne la désignation sur ses listes de femmes non voilées et émancipées.

Contrairement à ses alliés représentant la mouvance des « frères musulmans » en Algérie et au Maroc qui ont même caché les visages de leurs candidates femmes, Ennahda présente des blondes à la tête de plusieurs de ses listes.

On dirait même des tops model. Ennahda opte-t-il pour la laïcité ? S’agit-il seulement d’une tactique pour effacer son derniers revers aux législatives ? En tout cas, la population tunisienne a affiché clairement son opposition l’islamisme politique et à l’application de la charia. Ghannouchi semble avoir compris les derniers messages de ces concitoyens qui ne veulent pas vivre l’expérience algérienne des années 1990 ou libyenne actuellement.

Massinissa Ikhlef 

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